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MON CORPS EN NEUF PARTIES (2007) de Raymond FEDERMAN

 

« Mon corps m’été suggéré par un professeur allemand : Rinehard Kruger. Il organisait une conférence sur la sémiologie du corps. Un jour, il m’écrit que cela risque d’être drôlement chiant d’avoir une vingtaine de profs gâteux en train de discuter du corps humain et me demande si je veux bien participer à la conférence en écrivant quelque chose d’amusant pour illustrer. Un soir, alors que je leur coupais les ongles, mes doigts de pieds se sont mis à me raconter une histoire. J’ai composé le texte sur mes orteils sur le champ et l’ai envoyé dès le lendemain à Rinehard. Rinehard a lu mon texte, et il paraît que tout le monde se roulait par terre. Donc j’ai continué. Il m’a fallu bien sûr déterminer combien de parties j’allais écrire Faire le tour de son corps ce n’est pas comme faire le tour de France à vélo. Le corps est infini. J’ai donc décidé de me limiter à neuf parties. Le numéro neuf (mon organe sexuel) étant celui qui abolit tous les autres ». (Raymond Federman)

 

L’écriture de Raymond Federman est très singulière, elle voyage à travers des formes variées formant toujours un roman se tenant bien debout sur ses mots, avec tout ce qu’il faut de décalage et d’ironie pour nous faire rire avec intelligence. Dans Mon corps en neuf parties, Raymond Federman épèle le corps des pieds à la tête, des ongles de pieds taillés la veille aux cheveux que lui coupait sa mère, un sujet apparaît sous différentes coutures, comme ses cicatrices, elles aussi au nombre de neuf, neuf témoins d’une vie se riant d’elle-même. Chaque organe, qu’il soit sexuel ou vocal, donne à lire ce que le sujet a traversé. Une voix émerge en dessinant ce que les yeux ont vu, le nez senti et les phalanges touché, les sensations qui les ont formés.

Un regard gourmand posé sur soi comme sur la vie. Stéphane Müh incarne le monologue aux côtés de deux musiciennes dans un décor minimaliste, fait de miroirs et de lumières rouges. Ce duo jazz, où le saxophone et la voix se mélangent, rappelle le cabaret et compose un univers sonore subtil qui rythme le récit et invite le public au voyage.

 

Casting

Auteur : Raymond Federman
Distribution : Stéphane Müh
Saxophone et chant : Crystel Chiaudano
Saxophone : Babette Hérault
Création lumières : Damien Dubreuil
Scénographie : Susana Machado
Accompagnement artistique : Jean-Pierre Hollebecq

Articles de Presse

28/11/2007

 Réalisation de Charles Boisneau