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Dossier communication

Les Guêpes de l'été nous piquent encore en novembre

LES GUÊPES DE L’ÉTÉ NOUS PIQUENT ENCORE EN NOVEMBRE

Ivan Viripaev 

 

"Tout ce monde est juste un non-sens. Et voilà tout"

Derrière ce titre étrange, cette pièce à l'écriture magistrale, semble, ressemble, en appelle tout à la fois au vaudeville, au théâtre de l’absurde, au mélodrame, à la comédie bouffonne, à la tragédie. Elle en reprend les thèmes, les ressorts, les codes mais les déplace et les bouscule, change les points de vue, aplati les perspectives dans une oscillation non systématique entre comédie métaphysique et tragédie de salon. 

Cette pièce "non-résumable" parce que non réductible est fondamentalement et volontairement  une discontinuité cohérente, une composition, une polyphonie. Oeuvre musicale et climatique, elle se manifeste par fragments, éclats, moments, niveaux d’intensité, variations, ruptures, ramifications et arborescences. Dans cette manière d’être tout se montre, de ce que ça dit à comment le dire ; l’écriture de Viripaev étant à elle-même sa propre didascalie.

Il est donc vain et certainement contre-productif de vouloir parler des Guêpes de Viripaev en en dévidant le récit. De récit il ne peut y avoir, sauf à dire qu’un homme et un couple dialoguent à propos de la présence supposée de Markus dans leurs foyers respectifs … le même jour à la même heure.

Et la comédie de l'humaine condition - ou s'embrouillent le quotidien et l'absolu, le sérieux et le dérisoire, la quotidienneté du mensonge et les angoisses existentielles - peut commencer.

« Ce n’est pas si simple à expliquer, Robert »

Ivan Viripaev, Les guêpes de l’été nous piquent encore en novembre.

 

Des Guêpes qui piquent encore

Le vendredi soir, la Cie théâtrale Müh de Grenoble présentait la première de «Les Guêpes de l'été nous piquent encore en novembre» d'Ivan Viripaev dans une salle Balène bien exiguë pour accueillir le public nombreux. Derrière ce titre étrange, cette pièce «non-résumable» parce que non réductible à un «sujet» est fondamentalement une discontinuité, une composition qui se manifeste par fragments, éclats, niveaux d'intensité, variations et ruptures dans un texte d'une drôlerie mordante et d'une gravité loufoque. De récit donc il ne peut y avoir, sauf à dire qu'un homme et un couple dialoguent à propos de la présence supposée de Markus dans leurs foyers respectifs… le même jour à la même heure. Alors qui ment, qui dit la vérité ?

Jusqu'au bout le public a répondu énergiquement, stimulé par le magnifique jeu des acteurs et par les piqûres de ces étranges guêpes qui nous piqueront longtemps encore.

      

J.-C. Boyer